Le nord de Tel-Aviv est fortement bourgeois et ashkénaze, plus influencé par l’Europe que le Moyen-Orient. Il est calme, vert, prospère et plaisamment insipide. C’est l’endroit où se trouvent les icônes des classes aisées de Tel-Aviv – comme Kikar Hamedina, avec ses magasins de designers européens, l’hôpital privé Assuta ou le gymnase Herzliya, le lycée de prestige.

C’est probablement l’un des derniers endroits en Israël où l’ont peut voir des femmes de soixante-dix ans élégamment vêtues, leurs sacs assortis à leurs chaussures, s’asseoir dans un café et discuter en allemand ou en hongrois – ou encore dans un hébreu prononcé avec soin, à la grammaire parfaite. C’est un quartier vieillissant, bien que de jeunes professionnels y aient dernièrement afflué, cherchant ce qui se rapproche le plus de la banlieue à l’intérieur même de la grande ville. Vous pouvez facilement les reconnaître : regardez les couples de trentenaires. Elle avec sa queue-de-cheval blonde et lui son stylo Montblanc en évidence, ils poussent le landau du bébé d’une main et la laisse du chien de l’autre.

Malgré son prestige socioéconomique, cette zone ne se distingue pas architecturalement parlant. Contrairement au reste de Tel-Aviv, le Nord est fortement caractérisé par une apparence moderniste. On trouve peu d’exemples remarquables de bâtiments à bas étage de style international. Par contre, les résidences de type utilitaire construites dans les années 1960 et 1970 font légion, en particulier autour de Yehouda Hamaccabi. La caractéristique essentielle du Nord est la grande concentration de parcs – en particulier le parc Hayarkon, le joyau de la couronne.

Le nord de Tel-Aviv est aussi une zone majeure de shopping pour les stylistes haut de gamme – locaux et étrangers. On y trouve une forte concentration de boutiques élégantes et chères, particulièrement dans le nord de Dizengoff et autour de Kikar Hamedina.

 

Plage Hilton et Hof Metzitzim

                                       

Les deux grandes plages du Nord ont produit de la matière pour les références culturelles israéliennes. La plage Hilton, ainsi nommée d’après l’hôtel qui la surplombe, est connue comme la plage gay. Ce qui ne signifie pas que les hétéros n’y sont pas bienvenus – loin de là – mais l’air est sursaturé des vibrations entre les hommes qui fréquentent la plage Hilton. Le nom de Hof Metzitzim (la plage des voyeurs en hébreu) provient d’un film culte israélien du début des années 1970 où jouaient des stars comme Arik Einstein. Les scènes entre filles et garçons sont nombreuses dans le film – plus que de raison à une période où Israël était plutôt conservateur.

 

Nord de Dizengoff, Place Basel et Kikar Hamedina

 

Quand les Israéliens branchés disposent de revenus confortables – ou d’autorisations de découverts appropriés – ils font généralement du shopping dans le nord de Dizengoff, place Basel et sur Kikar Hamedina.

On se réfère parfois au nord de Dizengoff comme de la mode en rangs d’oignons. C’est l’endroit où la plupart des boutiques de stylistes proéminents ont élu domicile. Le talent local est omniprésent. On trouvera d’élégantes robes de soirées et des tenues de boîtes de nuit, des costumes d’affaires bien taillés ainsi que des vêtements décontractés. Plusieurs stylistes de cette partie de la rue ont gagné des prix de mode internationaux.

Les boutiques de robes de mariées pullulent dans ce quartier. Les jeudis – le jour où l’on se marie le plus – des jeunes femmes en robes blanches, soigneusement coiffées, sortent des boutiques l’après-midi pour être photographiées et filmées avant de s’engouffrer dans la voiture qui les escortera jusqu’à la cérémonie.

Le nord de Dizengoff est également un endroit agréable pour se promener, boire un café et faire du lèche-vitrine. Cette partie de la rue est plutôt calme, longée d’arbres et de bancs.

Les magasins autour de la place Basel ne sont pas autant à la pointe que ceux du nord de Tel-Aviv. Quelques-uns se spécialisent dans les vêtements pour bébés à la mode et les robes à prix coûtant de maternité, ainsi que quelques magasins de stylistes israéliens bien connus. Sinon, il y a largement le choix en terme d’accessoires – des bougies parfumées aux plats importés d’Italie en passant par les bijoux de joailliers locaux. Prenez le temps d’y prendre un café en plein après-midi. L’atmosphère de la place Basel est prospère et décontractée.

Puis il y a Kikar Hamedina. Son nom est synonyme d’argent, et encore, en grande quantité. La place circulaire connaît la plus grande concentration de marques prestigieuses internationales de la ville, comme Rolex, Bulgari, Ralph Lauren et Versace. On dirait un immense duty free d’aéroport. Et effectivement, Kikar Hamedina est l’endroit où les ploutocrates qui n’ont pas le temps de passer un week-end shopping en Europe viennent acheter leurs vêtements et leurs bijoux. Etrangement, à cause d’un arrêt municipal, il n’y a qu’un seul café sur Kikar Hamedina. Les autres se trouvent dans les rues sur les côtés.

Les magasins chers et la réputation d’élite de Kikar Hamedina contrastent avec son apparence. Les tuyaux d’arrosage conduisent l’eau de l’air conditionné jusque dans des bouteilles en plastique découpées, devant les magasins de robes de haute couture. Les vitrines sont parfois couvertes d’empreintes de doigt, et les façades des immeubles aux peintures écaillées sont courantes. Le parc circulaire au gazon négligé est mal entretenu. Mais bientôt, le parc disparaîtra. Etant une propriété privée, on projette d’en faire un complexe de luxe, après une longue bataille de plus de vingt ans entre les résidents et la municipalité.

 

Le port du nord et le parc Hayarkon

 

Pendant des années, le port du nord de Tel-Aviv était un site de dégradation urbaine majeure. Récemment, il a subi un processus de remise à neuf. C’est aujourd’hui l’une des zones les plus populaires de la ville pour manger, faire du shopping, se balader et sortir la nuit. Certaines parties ressemblent encore à un port, avec l’appareil de déchargement de cargos, resté intact bien qu’on ne l’utilise plus. Le résultat est une juxtaposition intéressante du Tel-Aviv moderne avec son passé récent.

Le front de mer est doté d’un un remblai de bois et est bordé de cafés, de restaurants et de bars. Les clubs privés se trouvent plutôt dans les parties éloignées de la mer. Il n’y a pratiquement pas de moments où le port est vide. Les coureurs apparaissent tôt le matin. Plus tard, les familles et les jeunes couples se promènent sur les planches et déjeunent dans l’un des cafés. La nuit tombée, le port devient une scène nocturne vibrante, la musique émanant des portes des bars et des boîtes de nuit.

 

Une promenade sur le port du nord jusqu’au parc Hayarkon, le plus grand parc public d’Israël, est une expérience tel-avivienne unique, et largement recommandée – en particulier le samedi après-midi.

Avec près de 4 kilomètres carrés, le parc Hayarkon rivalise avec Central Park de New York en taille et en beauté. Les sentiers le long de la berge sont l’un des endroits les plus populaires de la ville pour faire du vélo, pique-niquer à l’ombre des arbres sur la pelouse, et même jouer au cricket entre équipes d’expatriés. Le parc Hayarkon est un endroit exceptionnel, une place de rassemblement multiculturel, magique et agréable au plus haut point.

Le parc possède une volière, des parcs à thèmes et un lac artificiel. L’endroit est bien entretenu par la municipalité et traité avec un degré de respect inhabituel dans un pays où les espaces publics sont en général tristement dégradés.

 

La rue Yehouda Hamaccabi

 

La rue Yehouda Hamaccabi et les rues avoisinantes ont été construites dans les années 1960, à l’instar de l’université de Tel-Aviv. Avant cela, la ville se terminait avec le parc Hayarkon. Comme le reste du nord, c’est un quartier pour la haute société, relativement au reste de la ville.

Le boulevard bordé d’arbres est remarquable pour ses cafés et ses rues avoisinantes pour leur tranquillité et l’ambiance très bourgeoise. Il n’y a pas vraiment de raison d’y entraîner un visiteur, mais c’est un lieu agréable pour se promener et boire un café si vous vous trouvez dans le quartier.

Cet endroit ressemble à une banlieue allemande (certains diront que c’est une réminiscence de Francfort) bien ordonnée dans la ville. Certaines maisons possèdent un petit jardin par exemple. C’est en quelque sorte une réalisation de la vision des fondateurs de la ville comme “cité jardin”.

 

Au nord du Yarkon: Haïm Levanon et université de Tel Aviv

 

Tel-Aviv s’est étendue vers le nord dans les années 1960, avec l’établissement de banlieues chic comme Ramat Aviv Guimel. Dès qu’on traverse le fleuve du Yarkon et qu’on entre dans la rue Haïm Levanon, le changement d’atmosphère est évident. Les maisons et les appartements sont nettement banlieusards – bien espacés et confortables, sans architecture remarquable.

La rue Haïm Levanon mène aux musées et vers Ramat Aviv, où se situe le campus universitaire de Tel-Aviv. Le campus vert est un endroit agréable pour se promener, et le musée de la Diapora (Beit Hatfoutsot) – qui raconte l’histoire de 2 000 ans d’exil du peuple juif avant son retour en Israël – vaut la visite.

 

Ramat Ha’hayal

 

Ramat Ha’hayal est tellement moderne qu’on dirait presque qu’il sort tout droit d’un film de science-fiction. Les tours de bureaux reluisantes sont à la pointe du boom du high-tech. Aujourd’hui, la plupart de grandes sociétés de haute technologie ont des bureaux de recherche et développement à Ramat Ha’hayal. On y trouve quelques restaurants excellents, dont nombre sont un aimant pour la population branchée de Tel-Aviv. Avec ses lignes propres et contemporaines, sa prospérité évidente et son ambiance cosmopolite, Ramat Ha’hayal symbolise l’attitude de Tel-Aviv rompue aux usages du monde, tournée vers l’avenir.