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Les quartiers du sud de Tel-Aviv sont parmi les plus anciens de la ville. Certains ont même été établis plus de deux décennies avant sa fondation. Dans les années 1930 et 1940, ils ont été absorbés par l’expansion rapide de la ville. Aujourd’hui, le Sud a été en partie rénové mais les quartiers intacts restent nombreux. Le Sud, ce sont ses marchés, ses petits restaurants abordables de nourriture traditionnelle turque, yéménite et iranienne, ses différents styles architecturaux et ses constructions qui datent des toutes premières années de la ville. On y trouve occasionnellement les meilleurs restaurants de la ville et les prix les plus élevés de l’immobilier. L’atmosphère générale du Sud réside en sa diversité ethnique, son authenticité et son charme levantin. Les habitants du Sud forment un groupe hétéroclite. Ce sont des jeunes gens aux pantalons taille basse, des artistes sans le sou, des Juifs yéménites octogénaires arabophones ou encore des nouveaux riches du high-tech. Ceux-ci se retrouvent surtout à Névé Tzedek qui est devenu l’un des quartiers les plus pittoresques de la ville.
Rue Allenby
Vu son allure actuelle, il est difficile de croire que la rue Allenby, qui relie le sud au cœur de la ville, a un jour été la rue la plus élégante de Tel-Aviv, son “grand boulevard”. C’était au temps du mandat britannique, entre les années 1920 jusqu’à la fin des années 1940. La section d’Allenby qui relie Rothschild à la rue Hamelekh George était le centre commercial de la ville, connu pour ses fourrures, ses relieurs de livres, ses cafés et ses boutiques. Aujourd’hui Allenby est bruyant, sale et plutôt minable. Mais regardez avec attention et vous verrez de vieux bâtiments des années 1920. Certains comportent des signes en mosaïque avec les dates de leur construction, les noms des architectes et des propriétaires. La grande synagogue de Tel-Aviv se trouve également sur Allenby. Dernièrement, certains signes annoncent qu’Allenby pourrait être à l’orée d’une renaissance. Quelques bons restaurants se cachent derrière des pancartes discrètes, à l’abri de la rue, ainsi que quelques bars intéressants et de très bons magasins de livres d’occasion, avec de nombreux titres en français.
Rue Herzl
Non loin de l’intersection des rues Herzl et Rothschild, se trouve un édifice simplement connu par son adresse : 16, rue Herzl. C’était le premier grand magasin de la ville. Juste à l’entrée, le mur arbore le mot hébreu pour “ascenseur”, le premier de tout Tel-Aviv. Il n’est plus en état de fonctionnement. On suppose qu’il existe des projets de restauration de ce bâtiment, qui a été filmé au moins dans une production israélienne bien connue, Afoula Express. Le gratte-ciel clair qui domine la rue Herzl sur l’autre côté du boulevard Rothschild est la tour Shalom, qui a été construite sur le site du gymnase Herzliya – la première école où toutes les matières étaient entièrement enseignées en hébreu. Construite dans les années 1970, la tour Shalom était le plus haut bâtiment d’Israël, comprenant un musée et une tour d’observation. Aujourd’hui, son centre d’intérêt réside au rez-de-chaussée, où se trouve une carte de la ville en relief, montrant les bâtiments en miniature et d’autres détails fascinants.
Névé Tzedek
Névé Tzedek (oasis de justice) est le plus ancien quartier de la ville. C’est aussi le plus beau, avec son ambiance qui évoque une colonie d’artistes ou un petit village. Névé Tzedek a été fondé en 1887, vingt-deux ans avant Tel-Aviv, sur une terre acquise par Aharon Chelouche. La famille Chelouche, qui a émigré d’Algérie au début du XIXe siècle, était l’une des familles les plus riches et les plus importantes de Jaffa. Ils étaient connus pour leur philanthropie et leur dévouement à la communauté juive. Située dans la rue qui porte leur nom (prononcé et écrit à tort “Shlush”), la résidence familiale des Chelouche est aujourd’hui un musée. Dans les vingt premières années du XXe siècle, Névé Tzedek était le lieu de résidence de plusieurs écrivains importants, dont S.Y. Agnon, le premier lauréat du prix Nobel de littérature, et de l’artiste Nahum Gutman. La maison de Gutman, au 21, rue Roka’h, est aujourd’hui un beau musée, avec des expositions permanentes et temporaires, ainsi que des expositions interactives pour les enfants. La rue Shabazi, la plus longue de Névé Tzedek, est bordée de cafés, de restaurants, de bars à vin et de boutiques. C’est un endroit très agréable pour se promener, faire les magasins ou prendre un café. Le superbe centre Suzanne Dellal est le foyer d’accueil de la troupe de danse Batsheva, de renommée internationale. Sa cour pittoresque est un lieu de rassemblement apprécié. Après une longue période de déclin, Névé Tzedek a, durant ces deux dernières décennies, connu un profond embourgeoisement, mais il a su conserver son charme, son authenticité et son ambiance de voisinage. Il s’y trouve de nombreuses habitations rénovées toujours habitées par des familles yéménites qui ont emménagé dans le quartier dans les années 1950. Ces vétérans refusent de vendre leurs maisons, au grand désespoir des promoteurs immobiliers. Ils restent attachés à leur communauté, à leur style de vie et à leur synagogue locale.
Promenez-vous
autour de Névé Tzedek un samedi matin, et vous êtes sûr d’entendre le
chant traditionnel provenir des fenêtres ouvertes des anciennes
synagogues – comme la minuscule maison de prière de la rue Chelouche à
l’angle de la rue Amzaleg, qui n’a pas cessé de fonctionner depuis la
fin du
Le Dolphinarium et Banana Beach
Le tronçon de plage qui borde Névé Tsedek s’appelle Banana Beach. Malgré les odeurs persistantes d’urine et de poubelles dans le parking de la zone connue comme celle du Dolphinarium – qui abrite un bar en plein air en été – Banana Beach est un coin des plus sympathiques. On l’appelle également la plage des batteurs (toupim), pour les amateurs de tam-tam qui s’y rassemblent les vendredis après-midi pour entamer une jam session au coucher du soleil, accueillant shabbat à leur manière. Tout le monde peut participer. Elle se poursuit jusque tard dans la nuit et attire les jongleurs, les danseurs et les amateurs de capoeira – ainsi que des personnes venues profiter de l’ambiance décontractée. Juste en face de la rue se trouve la mosquée Hassan Bek. Le son du muezzin s’entend jusque dans les hôtels modernes, accentuant le contraste entre l’ancien et le nouveau. Plus au sud, le parc Charles Clore est un endroit populaire pour faire des pique-niques – en particulier les samedis après-midi, quand des dizaines de familles font griller de la viande sur des barbecues portables et jettent nonchalamment les écorces de pipasols sur le gazon pendant que leurs enfants grimpent sur d’immenses jouets de plastique bleu.
Alma Beach
Le restaurant Manta Ray se trouve sur Alma Beach. Le petit kiosque avec ses sièges à l’extérieur est un endroit particulièrement agréable pour commander un café ou une bière en fin d’après-midi, et regarder le soleil se coucher sur la vieille ville de Jaffa.
Rue Lilienblum
Techniquement une partie de Névé Tzedek, Lilienblum relie la rue Allenby à la rue Pinès à Névé Tzedek. Pendant longtemps, jusque dans les années 1970, c’était le Wall Street du pays. Le quartier général de la banque d’Israël se situait sur Lilienblum, quand les employés aux opérations de change circonvenaient aux lois strictes de monnaie étrangère. La Bourse a déménagé sur la rue Ahad Ha’am au début des années 1970, et plus tard, les réglementations sur les monnaies étrangères ont été allégées. Ce qui a eu pour effet de faire perdre de son lustre à la rue Lilienblum qui s’en est trouvée défraîchie et insipide, sans rien de distinctif hormis quelques immeubles et des magasins poussiéreux. Cette dernière décennie, la rue a été redécouverte, rénovée, et est rapidement devenue l’un des lieux les plus courus de la nuit de Tel-Aviv. Aujourd’hui, Lilienblum est bordée de bar et de restaurants, qui en font l’un des meilleurs endroits de la nuit tel-avivienne.
Le marché pédestre Nachalat Binyamin
Nachalat Binyamin est une très longue rue qui entre profondément dans le quartier de Florentine. La section parallèle au marché Carmel, débutant à la rue Gruzenberg et tournant vers Allenby – en face de la rue Sheinkin – est fermée aux véhicules. On y trouve quelques bars et restaurants, mais la raison principale de visiter Nachalat Binyamin est son marché artisanal en plein air, ouvert les mardis et les vendredis. Il ressemble à un marché d’une ville médiévale européenne aux accents moyen-orientaux. Le vendredi, les musiciens, les acrobates et les jongleurs se donnent en spectacle, pour le plus grand bonheur des enfants. Arrêtez-vous à l’échoppe de la famille druze qui vend d’énormes pains plats cuits sur place par une méthode traditionnelle. Suivez votre odorat, vous ne pouvez pas le manquer.
Le marché Carmel
Le shouk Carmel est le plus grand marché en extérieur de Tel-Aviv. Ses rues étroites, sinueuses, sont bordées d’échoppes et de magasins qui vendent de tout, des affaires de toilette, des vêtements, de la viande, à des prix défiant toute concurrence. Quelques épiceries russes se sont spécialisées dans la charcuterie de porc. La grande majorité des magasins et des stands sont tenus par des Israéliens originaires d’Afrique du Nord, donnant au marché une saveur Mizra’hi (orientale). La clientèle du shouk vient du monde entier. C’est l’endroit idéal pour expérimenter le melting-pot israélien contemporain. Les gens qui font leurs courses au marché sont israéliens de naissance, nouveaux immigrants et travailleurs étrangers, de la Chine au Ghana. La plupart des magasins vendent des produits achetés par les travailleurs étrangers, comme les flocons de fufu, la sauce au soja et le tofu. Le meilleur moment pour aller au marché est le vendredi en milieu de journée, quand les marchands de biens périssables crient à tue-tête en baissant leurs prix et que les travailleurs étrangers, tout juste libérés de leur labeur, achètent leur nourriture pour le week-end.
Kerem Hateymanim – Le vignoble Yéménite
Fondé dans les années 1930 par des immigrants du Yémen (d’où son nom), le Kerem est tombé en décrépitude dans les décennies qui ont suivi l’établissement de l’Etat d’Israël. Il était connu comme un pauvre ghetto urbain. Durant les années 1990, la municipalité a fait de sérieux investissements dans l’infrastructure. Depuis, les rues tortueuses ont progressivement été redécouvertes par la bohème tel-avivienne à la recherche de logements bon marché. Nombre de ses anciens bâtiments ont été joliment rénovés. Malgré l’influx de la foule d’artistes, le quartier est largement peuplé d’anciens et n’a pas perdu de son authenticité. Si vous avez envie de manger de la nourriture yéménite épicée bon marché, vous trouverez de quoi faire. Pour le houmous et d’autres plats orientaux, Erez et Dror au 25, rue Malan, est l’un des restaurants les plus populaires du Kerem. C’est un endroit minuscule dans une rue étroite, juste en dessous du marché Carmel.
Florentine
Fondé en 1927 par une famille juive séfarade de Salonique, Florentine était à son origine un quartier de classe moyenne pour les artisans et les commerçants immigrés de Grèce et de Bulgarie. Avec la migration rapide vers les banlieues, Florentine a été négligé jusque dans les années 1960. Le déclin de Florentine a semblé connaître un revirement au début des années 1990, quand Eytan Fox, le réalisateur de Yossi et Jagger, Tu marcheras sur l’eau et The Bubble a créé une série télévisée nommée d’après le nom du quartier. Le succès de la série, qui présentait un groupe d’artistes d’une vingtaine d’années vivant l’existence tranquille et urbaine d’une version levantine du Village de New York. Certains ont craint que le quartier allait s’en trouver immédiatement embourgeoisé. Quinze ans plus tard, Florentine est sur le point de subir des changements majeurs – mais son avenir est toujours incertain. Les résidents sont une combinaison intéressante de Bobo (bohèmes bourgeois) et de classe ouvrière. Les magasins de meubles et d’accessoires d’intérieur ont ouvert leurs portes ces dix dernières années, le long des rue Frenkel et Wolfson, faisant de Florentine la destination préférée des architectes d’intérieur. En même temps, des bâtiments de luxe pullulent dans le quartier. Mais Florentine n’a connu aucun investissement significatif dans les infrastructures de base comme les parkings, l’amélioration de la chaussée ou les transports publics. Florentine est le lieu de la nuit underground. Son apogée se situe dans les rues Vital et Florentine avec leurs bars de jazz, leurs bars à whisky, leurs cafés populaires et leurs restaurants huppés. Mais le feu de l’action se trouve en marge de Florentine. Prenez le bar gay ShaMa au 68, rue Herzl, au coin de la rue Wolfson, par exemple. Ou bien le bar Hudna (trêve en arabe), au 13, rue Abarbanel. Shiraleh, au 18, rue Yedidyah Frenkel, est un charmant petit café doublé d’une galerie d’art. D’autres parties de Florentine restent traditionnelles. Le marché haut en couleurs de la rue Levinsky suinte d’authenticité. Vous pouvez tout y trouver, des épices exotiques et des fruits secs aux pains plats turcs fraîchement cuits, ainsi que des pâtisseries fourrées de fromage blanc. La plupart des marchands sont des Juifs du Bassin méditerranéen. Ils continuent de se parler en ladino (judéo-espagnol). On trouve quelques excellents restaurants perses et turcs le long de Nachalat Binyamin, entre les rues Jaffa et Levinsky, qui valent le détour, en particulier si vous êtes en recherche de couleur locale. Partager votre table aux heures de pointe est la norme de ces restaurants levantins sans prétention. De nombreuses rues de Florentine sont vouées à un seul produit, comme les meubles de chambres à coucher, les accessoires de cuisine, les vêtements bon marché ou les luminaires. Quelques rues sont consacrées à un seul artisanat, comme la charpenterie ou la restauration de meubles. Les marchands locaux se connaissent depuis des décennies. Nombre d’entre eux se repassent leur commerce d’une génération à l’autre. Malheureusement, la culture traditionnelle de Florentine est sur le point de disparaître. Les familles de commerçants en sont à la troisième génération. Nombreux sont ceux qui, parmi la nouvelle lignée, ont décidé de quitter le métier. Néanmoins, la municipalité essaie de pousser les vendeurs en gros vers la sortie, parce qu’ils sont trop nombreux. Pour le moment, les marchands ont réussi à s’opposer à ce mouvement, mais la municipalité va probablement avoir gain de cause. C’est véritablement le moment de visiter Florentine afin d’assister à ces dernières années prospères et pleines de vie.
Névé Shaanan
Névé Shaanan fascinerait des anthropologues amateurs – tant que le chaos ne leur fait pas peur. Ce quartier négligé est le foyer des classes pauvres de Tel-Aviv. C’est l’endroit où les travailleurs étrangers du Ghana, du Liberia, de Chine, de Roumanie, des Philippines et de Thaïlande vivent aux côtés des prostituées, des dealers et des narcomanes. La zone connue comme celle de l’ancienne station centrale de bus est emplie de magasins où se ravitaillent les travailleurs étrangers. Ils se relaxent autour d’une bière dans le marché pédestre ou bien dans l’un des pubs en extérieur les vendredis après-midi, au début de week-end. |