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Le cœur de Tel-Aviv est la plus zone la plus en vogue et la plus dynamique de la ville. Jusqu’à récemment, ce quartier prenait de l’âge jusqu’à ce qu’il devienne le choix résidentiel de quelques acteurs, écrivains, musiciens et artistes israéliens célèbres. On a l’impression qu’aux terrasses de café, certains en prennent la gloire à leur compte. Le cœur de la ville abrite la Bourse de Tel-Aviv, une succursale des ventes aux enchères Sotheby, des banques d’investissement, des bureaux d’avocats de premier ordre mais aussi les restaurants et les lieux de la nuit les plus prisés. Cette densité d’activité est non-stop : quelle que soit l’heure, on trouve presque toujours des passants dans les rues du cœur de la ville. Tous les visiteurs y trouveront des centres d’intérêt – les férus d’histoire, de designers israéliens, d’art et de culture, les clubbers et les gourmands. Le nombre important de jeunes familles qui y vivent apporte une véritable atmosphère de voisinage. Longé au nord par le boulevard Ben Zion (le boulevard des fils de Sion) et au sud par la rue Allenby, le cœur de Tel-Aviv est dominé par le boulevard Rothschild, bordé d’une rangée d’arbres. Parmi les attractions du coin, la rue Sheinkin, des cafés, des restaurants, le Gan Ha’hasmal (le jardin de l’électricité) et le complexe Habima – siège du théâtre national et de l’Orchestre philharmonique d’Israël.
Histoire
Le cœur de Tel-Aviv est l’un des plus anciens quartiers de la ville. Il date des dernières années de l’ère ottomane. Sur des photographies du boulevard Rothschild prises dans les années 1930, on voit des rangées symétriques de bâtiments à bas étages nouvellement inspirés du Bauhaus ou du style international. Ces clichés de la jeune Tel-Aviv ne montrent pas l’histoire qui a précédé ce quartier. On trouve une grande concentration d’anciens bâtiments du style éclectique pré-international le long de la rue Allenby et de ses rues alentour. Le premier hôtel de Tel-Aviv et sa première maison close étaient tous deux situés dans des bâtiments de style éclectique du cœur de la ville. Aujourd’hui, certains ont été rénovés mais la plupart d’entre eux sont en état de décrépitude.
Des années 1930 aux années 1950, quand Allenby était une rue coquette bordée de boutiques et de cafés, les personnes aisées se promenaient dans le cœur de la ville, y faisaient leur shopping et rencontraient leurs pairs. Après deux décennies, le quartier s’est trouvé en déclin. Tel-Aviv a connu le même modèle de migration urbaine que la plupart des villes occidentales. Les jeunes et les rupins ont emménagé dans les banlieues nord et dans d’autres villes satellites naissantes. Les commerçants ont suivi leur clientèle et l’ancien cœur palpitant de Tel-Aviv est devenu un quartier négligé et vieillissant. Sa salvation a eu lieu dans les années 1980, quand la bohème de Tel-Aviv a redécouvert son cœur. Des écrivains, des acteurs et des musiciens s’y sont installés. Ils se retrouvaient dans les cafés de la rue Sheinkin. Quand les boutiques et les magasins ont rouvert, Tel-Aviv était redevenu l’endroit où il fallait vivre. La popularité du quartier s’est rapidement accrue pendant deux nouvelles décennies, ce qui a naturellement entraîné une flambée des prix de l’immobilier. Ces dix dernières années, les chaînes de magasins ont remplacé les petites boutiques de Sheinkin, les résidences de luxe ont été construites, souvent à la place de bâtiments Bauhaus en mauvais état ou rénovés pour s’adapter à la demande de jeunes urbanistes perspicaces. Mais le cœur de Tel-Aviv a résisté à la stérilisation. Il reste un quartier culturellement et économiquement riche, ainsi qu’un îlot remarquable de tolérance dans une société israélienne fortement divisée. Les Juifs ultraorthodoxes, les nouveaux riches du high-tech, les rockeurs, les journalistes de gauche, les couples unisexes, les retraités et les artistes vivent en harmonie dans les mêmes rues, parfois dans les mêmes immeubles.
Boulevard Rothschild
Rothschild est de loin le plus joli boulevard de Tel-Aviv. Il est en tout cas le plus populaire – en particulier le long de la section du cœur de la ville. Ombragé par des ficus, longé de bancs alignées et de quelques kiosques à café en nette propagation depuis ces cinq dernières années, Rothschild est l’un des endroits les plus agréables où se promener. Les week-ends, c’est un aimant pour les banlieusards en recherche de rêve : les jeunes familles flânent, font du vélo et s’arrêtent pour déjeuner dans les cafés. La nuit, les habitués de boîtes se retrouvent dans les restaurants ou cafés ouverts 24 h/24. En semaine, les employés de la Bourse, des bureaux d’avocats et des banques d’investissement, avec leurs vêtements plus formels, contribuent à créer une atmosphère de centre urbain dynamique. Malgré ce bouillonnement d’activité, le boulevard Rothschild donne toujours l’impression à ses résidents qu’il leur appartient. Ils se retrouvent sur le boulevard pour des jeux spontanés de pétanque ou d’échec les soirs de semaine. Les parents, après avoir accompagné les enfants à l’école, prennent leur café matinal aux kiosques du boulevard. Les après-midi de semaine, des petits groupes de personnes âgées occupent les bancs, en compagnie de leurs aides philippines. Les soirées de semaine, les célibataires du quartier rejoignent leurs amis dans les cafés du coin. Les bâtiments qui longent Rothschild sont de style très différents, du levantin éclectique à l’international, jusqu’aux tours de bureaux ultramodernes. Ceux-ci sont particulièrement nombreux près de la rue Allenby. Leurs constructeurs ont reçu la permission de bâtir des gratte-ciel à condition de rénover d’autres bâtiments des environs. On trouve plusieurs bons restaurants le long de Rothschild, et évidemment, les cafés ne manquent pas.
Yehouda Halevi
Yehouda Halevi a bénéficié de l’embourgeoisement du cœur de la ville. Des décennies durant, c’était une rue bruyante dont le seul but était de mener d’un endroit à un autre. Ces dernières années, des cafés, quelques restaurants haut de gamme, des galeries d’art et des magasins de meubles ou d’accessoires d’intérieurs y ont élu domicile. Il est trop tôt pour proclamer Yehouda Hale-vi la prochaine rue en vogue, mais certains signes montrent qu’elle en prend le chemin, en particulier depuis la rénovation et la réhabilitation du Gan Ha’hashmal.
Gan Ha’hasmal
Gan Ha’hasmal, ou le jardin de l’électricité – ainsi nommé parce c’était l’emplacement du site de la centrale électrique de Tel-Aviv – est indiscutablement l’endroit le plus branché de la ville. On y trouve des designers locaux, concepteurs d’un nouveau genre. Si vous préférez la musique au shopping, passez par le Levontin 7. Situé à l’adresse qui porte son nom, c’est le meilleur club de musique de la ville. Les musiciens de jazz, hip hop, rock et indie, acclamés à travers le monde, viennent se produire en concert. Le bar se situe à l’étage au-dessus de la salle de spectacle. Les dates et horaires des performances sont affichés sur les fenêtres du club, ainsi que sur son site Internet.
Yad Harutzim at Hamasger Le quartier qui entoure Yad Harutzim et Hamasger est un dédale de garages, de tours de bureaux, de routes à voies multiples et de fumées de pots d’échappements. C’est aussi une nouvelle zone commerciale prometteuse. Dès l’année 2000, des restaurants aux critiques élogieuses ont fait de la rue Yad Harutzim une destination de choix. Plus tard, Yad Harutzim a été quelque peu abandonné. Il n’y reste que les restaurants de grande qualité, et bien qu’ils soient bondés à toute heure, ils sont tels des roses dans un jardin de broussailles. C’est probablement une situation provisoire. Dans les rues avoisinantes, on y trouve encore des restaurants bien remplis et quelques boîtes de nuit. Le quartier a su rester animé. Tel-Aviv se développe et évolue tellement vite que les restaurateurs qui ne manquent pas d’audace feront le bon choix en s’établissant dans cette zone commerciale en expansion.
Rue Shadal
La synagogue séfarade se trouve entre un gratte-ciel et des résidences rénovées. Construit en 1928, ce lieu de culte jamais déserté par ses fidèles se distingue par son architecture et son toit en forme de dôme. Ancienne synagogue préférée de l’élite de la communauté séfarade, des mariages et circoncisions continuent d’y être célébrés. La synagogue est ouverte tous les jours aux visiteurs et vaut bien le détour.
Rue Ahad Ha’am
La rue Ahad Ha’am doit son nom à Asher Ginzburg, le philosophe du sionisme culturel qui en avait fait son nom de plume (Un du peuple). L’architecture des immeubles de cette rue fait partie des plus intéressantes de Tel-Aviv. La rue Ahad Ha’am s’étend de Névé Tzedek au boulevard Ben Zion.
Rue Montefiore et place Albert
Parallèle à Ahad Ha’am, Montefiore compte les plus beaux bâtiments de Tel-Aviv, et les plus anciens. Certains ont été rénovés avec amour ces cinq dernières années. La place du Prince Albert, nommée d’après l’un des fils de George V, est tout simplement magique. Cet îlot excentrique marque le point de convergence des rues Melchett, Nahmani et Montefiore. Une maison de style pagode domine la place. Originellement construite pour être un hôtel, elle a longtemps été délaissée, puis rachetée par un individu privé qui l’a totalement restaurée et métamorphosée en une luxueuse maison de famille.
Rue Sheinkin
Après son déclin dans les années 1950, quand de nombreux résidents ont déménagé vers le nord de Tel-Aviv, Sheinkin a été “découvert” au début des années 1980 par la foule bohème des cafés. Les deux décennies qui ont suivi, Sheinkin est devenu le cœur de artistes israéliens. Sheinkin était, et reste pour beaucoup, l’endroit des acteurs, des musiciens, des écrivains et de ceux qui leur sont associés, pour voir et être vus. Le nom de la rue est parfois utilisé avec dérision. “Type Sheikin” veut dire entre les lignes “les défenseurs snobinards de la veuve et l’orphelin”. Cette dernière décennie, Sheinkin a perdu de son éclat. C’est toujours l’une des rues les plus populaires et les plus connues d’Israël, mais comme le SoHo et le Greenwich Village de New York, elle a été victime de son succès. La hausse des loyers a eu pour conséquence le départ des petits commerces, qui ont été remplacés par des chaînes de magasins. Quelques bons vieux cafés et magasins résistent envers et contre tout. Ainsi en est-il du Café Tamar, un repère fièrement gauchiste à l’angle de la rue Ahad Ha’am. La propriétaire, Sarah Stern, est l’ultime mère juive qui vous aime fermement et sait ce qui est bon pour vous – mieux que vous-même. Le Café Tamar est meublé de tables de Formica et décoré de posters et stickers de toutes les périodes de la scène politique israélienne. En hiver, un message écrit à la main rassure le client en lui indiquant que oui, il y a de la soupe de poulet avec des kneidler. L’anomalie la plus fascinante du quartier de Sheinkin est la présence très visible d’une grande communauté de Hassidim. Modestement vêtus, les femmes en perruques et les hommes dans des manteaux noirs traditionnels vivent tranquillement et dans une harmonie apparente auprès d’individus légèrement vêtus, tatoués et piercés. Le contraste est plus frappant le vendredi, le premier jour du week-end. La première partie de la journée, la rue est pleine d’adolescents des banlieues et de touristes qui font de la rue un endroit à l’activité frénétique, jusqu’à ce que les cafés et les commerces ferment vers 15 heures. Les laïques rentrent à la maison, la rue devient silencieuse à la tombée du jour, et les groupes d’hommes hassidim habillés de noir apparaissent soudainement, se dirigeant rapidement vers la synagogue pour accueillir le shabbat.
Rue Bialik et le cimetière Trumpeldor
La rue Bialik est n’est pas grande mais elle est importante. Cette adorable rue est dominée par la maison de H.N. Bialik, le poète national. Elle a récemment été restaurée et est aujourd’hui un musée qui sert d’espace de performances pour des concerts et des événements littéraires. La demeure toute proche du Reuven Rubin, l’un des artistes les plus éminents d’Israël, est également un musée où sont exposés ses travaux les plus illustres. Tout récemment, le premier musée Bauhaus de Tel-Aviv a ouvert dans la rue Bialik. Le cimetière Trumpeldor est l’équivalent du Père-Lachaise à Paris. C’est l’endroit où sont enterrés les écrivains, les artistes et les philosophes les plus connus du pays ; s’y promener est comme faire un voyage dans le temps. C’est un lieu très particulier.
Gan Meïr
Le Gan Meïr, ou parc Meïr, se situe entre la rue Bograshov et Allenby, avec des entrées sur les rues Tchernikhovsky et Hamelekh George. Nommé d’après Meïr Dizengoff, le premier maire de Tel-Aviv, le parc est une oasis circulaire bordée de bancs, de passages ombragés par les arbres, d’un étang à poissons avec des nénuphars et d’une aire de jeux pour enfants récemment remise à neuf. C’est aussi le domaine des chiens du quartier qui peuvent jouer sur les installations mises spécialement à leur disposition. Malgré la proximité de deux rues bruyantes, le Gan Meïr est remarquablement calme. On y entend même le chant des oiseaux.
Simta Almonit
Si vous recherchez un endroit particulier pour prendre un déjeuner léger ou un café avec un gâteau après une promenade au Gan Meïr, traversez la rue Hamelekh George, et remontez un peu la rue dans la direction d’Allenby jusqu’à l’impasse anonyme, Simta Almonit. Vous y trouverez le Salon Mazal. La communauté anarchiste de Tel-Aviv y tient une librairie et organise de nombreux événements. Près du Salon Mazal se trouve un tout petit café avec un jardin enclos. Si vous voulez faire un peu de shopping, jetez un coup d’œil sur la boutique au bout de l’impasse. Dans l’esprit anarchiste activiste de Simta Almonit, elle se nomme Ma’hteret, ou “Sous-terrain”. |